Type de document : Research Paper

Auteurs

1 Doctorante en littérature française, Faculté des langues et littératures étrangères, Université de Téhéran

2 Maître de Conférences en langue et littérature françaises, Faculté des langues et littératures étrangères, Université de Téhéran

Résumé

La littérature a toujours été la scène d’éclatement des conflits sociaux. Or, elle ne s’est jamais contentée de les mettre en scène tels quels, ni rester indifférente par rapport à eux. Car la vocation principale de la littérature est de réagir aux discours et aux représentations sociaux et de les mettre en question. La vie devant soi de Romain Gary est l’une des œuvres dans lesquelles on peut voir la confrontation de deux discours sociaux. Celle-ci donne naissance à une forte tension idéologique qui peut être étudiée dans la perspective réceptionniste et sociocritique. Dans cette étude, ayant recours aux concepts réceptionnistes proposés par Jauss, ainsi qu’à la sociocritique présentée par Duchet, Zima et Bakhtine, nous nous proposons de faire une lecture du roman et nous tenterons de répondre aux questions suivantes : En quel sens l’œuvre de Gary pourrait-elle être considérée comme une relecture de Les Misérable et comment peut-on interpréter cette relecture dans une perspective sociocriticienne ? Comment le roman prend position par rapport à la tension idéologique présentée ? Comment l’univers garien parvient-il à déplacer et à redéfinir la frontière des représentations sociales ? Afin de répondre à ces questions, nous allons partir d’abord d’une étude réceptionniste du roman. Nous allons ensuite nous concentrer sur son analyse sociocritique et finalement, nous allons aborder le fonctionnement de l’esthétique carnavalesque dans le roman. On verra comment l’œuvre choisie agit sur les représentations sociales. Cette étude révèlera le positionnement critique de l’œuvre par rapport à la tension sociale mise en scène.

Mots clés

Sujets principaux

[1] Abbassi, Ali et Dehghani, Mahdi. « Étude du roman d’Olivier Adam, Les Lisières, au travers de la théorie de Pierre Bourdieu relative à l’espace social, la domination et la distinction ». Revue des Études de la Langue Française. v. 11, n. 2, 2019, pp. 27-44.
[2] Brosseau, Marc. Des Romans-Géographes. Paris: L’Harmattan, 1996.
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[5] Fromilhague, Catherine et Sancier-Château, Anne. Introduction à l’analyse stylistique. Paris : Armand Colin, 2016.
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[11] Landowski, Eric. Passions sans nom. Paris: PUF, 2004.
[12] Maingueneau, Dominique. L’Énonciation en linguistique française. Paris: Hachette, 1999.
[13] Popovic, Pierre. « La sociocritique. Définition, histoire, concepts, voies d’avenir ». Pratiques. v. 151/152, n. 151/152, 2011, pp. 7-38.
[14] Popovic, Pierre. « De la semiosis sociale au texte : la sociocritique ». Signata. v. 5, n. 5, 2014, pp. 153-172.
[15] Popovic, Pierre. « 1817, Un état de l’imaginaire social. Hugo sociocriticien? ». Romantisme. v.1, n. 175, 2017, pp. 8-16.
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[17] Zima, Pierre. Manuel de sociocritique. Paris: L’Harmattan, 2000.
Sitographie
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[20] Rouayrence, Catherine. « Rire carnavalesque et roman réaliste ». Esthétique du rire, Édité par Alain Vaillant, Paris : Presses universitaires de Paris Nanterre, 2012, pp. 327-352. https://books.openedition.org/pupo/2332?lang=fr